Conseils

Le B.A.-BA. de l’orthographe

Drapeau français dans le ciel

Afin de raccourcir la longueur de ce titre (ils sont généralement trop longs, tout comme mes articles, je plaide coupable), j’ai choisi d’intégrer, dans le mot orthographe, à la fois l’orthographe, bien entendu, la grammaire mais aussi la conjugaison. En somme, un combo 3 en 1.

En tant qu’auteur, que vous écriviez des romans, des nouvelles, de la poésie, des essais…, les fautes d’orthographe sont à bannir. C’est désagréable pour les lecteurs et vous ne travaillez pas votre image professionnelle à travers vos textes. Afin de les éviter, vous ne pouvez pas compter sur des logiciels de traitement de texte tels que Word, OpenOffice, LibreOffice… qui ne détectent pas TOUTES les erreurs, seulement les principales. Par exemple, ils ne vous rappelleront pas qu’il faut accorder le participe passé du verbe avoir avec le COD s’il est situé avant le verbe. Vous pouvez donc écrire “Les effets spéciaux qu’ils ont ajouté” (non, désolée, il n’y en aura pas dans ce billet), ils ne souligneront pas de rouge l’énormissime erreur qui s’est glissée dans cette phrase puisqu’on dit en fait “Les effets spéciaux qu’ils ont ajoutés“.

Heureusement, il existe aussi des logiciels spécialisés dans la correction des fautes d’orthographe mais ils sont généralement payants. Tout le monde n’a pas forcément les moyens de s’en offrir un. D’autre part, que vous puissiez vous en acheter un ou que vous en trouviez un gratuit, il n’est pas interdit de rester quand même à l’affût pour déceler une faute que le logiciel concerné n’aurait pas remarquée.

De même, si vous êtes un auteur édité par une maison d’édition, celle-ci doit normalement vous proposer une prestation pour corriger les fautes d’orthographe, grammaire, conjugaison et syntaxe dans vos écrits. Là encore, celle-ci est payante puisqu’elle demande l’investissement en terme de temps et de compétences de son personnel et souvent, c’est assez onéreux. Qu’il y ait une, 10, 50 ou 410 fautes, il s’agit d’un forfait fixe. Il serait dommage de payer plusieurs centaines d’euros pour corriger quelques fautes, vous ne croyez pas ?

Cet article s’adapte aussi au cas des blogueurs, quels que soient les sujets qu’ils abordent, qui souhaitent éliminer les fautes d’orthographe de leurs billets.

Vous n’avez donc pas les moyens de vous offrir un logiciel de correction d’orthographe ou les prestations d’un éditeur ? Ou encore, vous souhaitez apprendre de votre propre chef à bannir les fautes d’orthographe les plus courantes que vous répétez inlassablement ? Aucun problème. Je vous détaille ici les erreurs les plus vues en rédaction et les astuces pour les éradiquer définitivement de votre répertoire (un peu comme de la mauvaise herbe entre deux pavés, vous voyez ?).

Herbes qui poussent sur une route
L’illustration parfaite pour exprimer cette idée !

Quelques règles d’orthographe importantes

#1- C’est, s’est / C’était, s’était / Sais

Rien de plus simple que de savoir quel verbe conjugué utiliser et dans quel cas, le tout est de comprendre comment ça fonctionne.

Tout ce qui est c’est/c’était (présent et imparfait du verbe être) se place en début de phrase sans rien avant ou à la limite une virgule avec un début de phrase en amont comme dans “Cette sortie à la fête foraine, c’était vraiment sympa”. Sachez simplement qu’il n’y a aucun pronom de conjugaison devant, du type je, tu il… (“Je c’est” ou “Je c’était“, non jamais, au grand jamais !, vous me feriez de la peine 😪).

S’est et s’était (toujours présent et imparfait du verbe être), en revanche, sont toujours précédés des pronoms de conjugaison il, elle ou on. Exemples : “Il s’est pris d’amitié pour cette personne” ou “Elle s’était arrangée pour les accueillir à la maison”.

Dans cette partie, j’ai également ajouté sais qui est un homonyme (deux mots ou plus avec la même prononciation, une orthographe identique ou non mais surtout, deux ou plusieurs sens différents) de s’est/c’est. Ici, il ne s’agit plus du verbe être, mais du verbe savoir au présent de l’indicatif, troisième personne du singulier. Ainsi, on écrira “Il sait qu’il a commis une erreur” et non “Il s’est/c’est qu’il a commis une erreur” (je barre s’est/c’est car cette faute est si étrange et mal venue que mes yeux ne sont pas loin d’en pleurer). A titre d’aide, vous pouvez dire savoir qu’on a commis une erreur et non s’être qu’on a commis une erreur. Bizarre, n’est-ce pas ?

En outre, vous allez rapidement vous rendre compte, par le biais de cet article, que pour savoir comment adapter l’orthographe (ou la grammaire) des mots que vous écrivez, il vous suffit souvent d’inverser les phrases (en les tournant différemment), comme ci-dessus, afin de ne pas commettre d’erreur, justement 😜).

#2- Ce,se / Ces, ses

Ce s’utilise dans plusieurs cas. Il peut tout d’abord s’agir d’un pronom démonstratif qui se trouve avec le verbe être, dans une phrase du type “Ce sera extraordinaire” (verbe être au futur, troisième personnel du singulier). Petite précision, ce s’utilise devant le verbe être conjugué à plusieurs temps : le futur, comme on l’a vu ci-dessus, mais aussi le passé simple (“Ce fut instructif”). Vous comprendrez donc que le verbe être utilisé avec le pronom démonstratif ce est conjugué à la troisième personne du singulier mais il peut l’être aussi à la troisième personne du pluriel (“Ce furent les meilleures années de ma vie”).

Ce, toujours en tant que pronom démonstratif, s’emploie également avec un pronom relatif comme ce que, ce dontEnfin, il peut aussi être un déterminant démonstratif que l’on trouve avant les noms communs. Exemples : “Ce soir, nous irons danser” ou “Ce manteau te va à ravir” et qu’on peut remplacer par un ou une (“Un soir, nous irons danser” ou “Un manteau qui te va à ravir”).

Se, quant à lui, s’utilise devant les verbes à l’infinitif ou conjugués comme dans : “Il se voit prendre un coup de poing en plein visage” ou encore “A se voir ainsi dans le miroir, il s’est senti profondément choqué” (sous-entendu après ce fameux coup de poing qui lui a laissé un vilain œil au beurre noir). Ici, se est un pronom réfléchi qui précède toujours le verbe auquel il se rapporte. Pour ne pas vous tromper entre ce et se, sachez que vous pouvez remplacer se par me, te, nous, vous (ce qui n’est pas le cas avec ce). Ainsi, pour reprendre les exemples cités ci-dessus, vous pouvez dire “Nous nous sommes vus (ou vous vous êtes vus) prendre un coup de poing en plein visage” (vous utiliserez donc se avec la troisième personne du singulier) mais pas “Nous nous sommes extraordinaire” à la place de “Ce sera extraordinaire” (ça ne veut rien dire !).

Tête squelettique avec yeux
C’est pire que ce que j’avais imaginé… Le pauvre ! Je comprends sa réaction en voyant son reflet dans le miroir.

Ces et ses s’utilisent indifféremment devant un nom commun. La subtilité arrive maintenant. Ces s’emploie pour définir quelque chose de général (“Ces chaussettes sentent mauvais”, on ne sait donc pas à qui elles appartiennent, vous les avez trouvées là, par terre, personne en particulier n’est en tort, mais rien ne vous empêche ensuite de mener votre petite enquête pour trouver le coupable) et ses lorsque l’on est capable de désigner à qui appartient l’objet (soit le nom commun) qui suit (“Ses chaussettes sentent mauvais, il aurait pu les laisser dehors !”, dans ce cas, vous pourrez accuser la bonne personne, puisque vous savez à qui sont ces chaussettes, et lui passer un bon savon pour lui faire comprendre que votre petit nez sensible a pris cher). De façon plus technique, ces est un adjectif démonstratif, tandis que ses est un adjectif possessif. Ainsi, si vous êtes capables de dire “Ces chaussettes qui puent sont les siennes” (ou dans d’autres cas le sien , la sienne ou les siennes), vous pourrez alors écrire “Ses chaussettes sentent mauvais” puisque vous savez qui les possèdent. Si vous ne pouvez pas utiliser le sien/la sienne/les siens/les siennes, c’est que vous ne savez pas à qui sont les objets concernés, donc vous écrirez ces.

#3- Sa, ça

Une autre faute que je constate couramment est un problème de différenciation entre sa et
ça
. Sa est un adjectif possessif (le singulier de ses que nous venons de voir), il est donc suivi d’un nom commun (“Sa coiffure est superbe”). Vous pouvez le remplacer par ma/ta

Ça, quant à lui, est toujours suivi d’un verbe conjugué comme dans “Ça va ?” Et non “Sa va ?” que je lis un peu trop souvent à mon goût… 🙀.

#4- a/à

a (je ne mets pas de majuscule pour être certaine d’être bien comprise mais évidemment, il en faudrait une puisque c’est un début de phrase), tout d’abord, est le verbe avoir conjugué au présent de l’indicatif, troisième personne du singulier. On le trouvera donc toujours après les pronoms de conjugaison il/elle/on mais aussi ça. Exemple : “Il a mangé au restaurant” ou “Ça a été ta compétition” ?

La préposition à, quant à elle, s’utilise notamment lorsqu’elle est suivie d’un verbe à l’infinitif (“C’est bon à savoir“, tellement vrai dans ce cas précis 🙂). On emploie également cette préposition pour une composition, dans le cadre d’une recette par exemple (“Des spaghettis à la Bolognaise”) ou encore pour une distance (“J’habite à 300 mètres de chez toi”) mais il existe encore beaucoup d’autres cas où on utilise cette préposition ! Tout simplement, n’oubliez jamais que si votre phrase n’est pas composée d’un pronom de conjugaison (il/elle/on…) suivi du verbe avoir conjugué au présent de l’indicatif (a), alors on utilisera la préposition à.

Spaghetti à la Bolognaise
Je n’en mange pas mais bon… ça peut peut-être donner une idée de menu pour un prochain repas à certains d’entre vous !

#5- On, ont / Son, sont

On est un pronom de conjugaison (troisième personne du singulier) suivi impérativement d’un verbe conjugué. Exemple : “On vient vous voir bientôt”.

Ont, lui, est le verbe avoir conjugué au présent de l’indicatif, troisième personne du pluriel. Ainsi, il sera automatiquement précédé des pronoms de conjugaison ils ou elles ou des articles définis les ou des suivis d’un nom commun comme dans “Ils ont un peu trop bu à la soirée” ou, au même endroit (on remarquera néanmoins que dans cet exemple, les femmes sont restées globalement plus sobres que les hommes), “Elles ont dansé jusqu’au bout de la nuit”.

Son, ensuite, est un adjectif possessif. Il est donc suivi d’un nom commun (“Sa barbe est un peu trop épaisse et piquante à mon goût, je n’aime pas l’embrasser”) et peut en outre être remplacé par son pluriel ses (“Ses barbes [???] m’irritent les joues au moment de se taper la bise” donc “Sa barbe m’irrite les joues”, effectivement, c’est une situation qui m’arrive couramment avec les hommes barbus –#mylife).

Barbe à papa
Je préfère nettement celles-ci, elles sont beaucoup plus douces !

Sont, son homonyme, est le verbe être conjugué au présent de l’indicatif, troisième personne du pluriel. Comme avec ont, on le trouvera donc précédé des pronoms de conjugaisons ils ou elles ou d’un article défini pluriel et d’un nom commun (“Ils [les Elfes : article défini + nom commun au pluriel] sont meilleurs au tir à l’arc que les Humains”).

#6- Tout, tous / Toute, toutes

Tout est employé avant un verbe conjugué, à tout temps mais à la troisième personne du singulier : “Tout est correct, vous avez bien travaillé” ou “Tout vient à point à qui sait attendre”. Il peut aussi être placé devant des noms communs au singulier précédés ou non d’un article défini ou indéfini (“Tout le monde, il est beau” 🎼, “Tout le temps“, “Tout un chacun” [chacun est en revanche un pronom singulier mais ça fonctionne aussi] ou encore “Tout acte a ses conséquences”).

Tous, de son côté, est suivi d’un verbe conjugué à la troisième personne du pluriel ou d’un nom commun pluriel : “Tous les ans, pour mon anniversaire, on m’offre un cadeau que j’aime/n’aime pas” (chacun ses goûts !).

Avec toute et toutes, c’est la même chose. Toute est suivi d’un nom commun ou d’un adjectif au féminin singulier (“Elle est toute seule” ou “Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, que dans toute votre philosophie” [ma minute littérature]) et toutes, d’un verbe conjugué à la troisième personne du pluriel, d’un nom commun ou d’un adjectif au féminin pluriel (“Toutes ont été vues à la fête” ou “Toutes ces spécificités sont communes au sujet énoncé”).

#7- Notre/nôtre-s- / Votre/vôtre-s-

Encore une fois dans le chapitre des homonymes, nous trouvons notre/nôtre-s- et votre/vôtre-s-.

Notre et votre sont des adjectifs possessifs qu’on trouvera devant des noms communs (“Notre note était la meilleure”) et qu’on peut remplacer par mon/ma, ton/ta, son/sa, également des adjectifs possessifs (“Ta note était la meilleure”) ou bien par leur forme pluriel nos et vos (Nos notes étaient les meilleures).

Nôtre-s- et vôtre-s-, quant à eux, se trouvent après des articles définis (le, la, les), comme dans “Notre présent était le vôtre” (dans le cas où vous vous êtes accidentellement offert le même cadeau, oups ! ça craint). Il existe aussi un cas où il n’y a pas d’article défini. Cet exemple l’illustre très bien : “Ces roses sont vôtres” (certes plutôt utilisé par un chevalier galant du XVIIe siècle mais bon, c’est pour l’exemple, vous m’excuserez). Pour ne pas faire d’erreur, vous pouvez utiliser à la place mien/miens ou mienne/miennes donc “Ces roses sont miennes” (une fois que la damoiselle les aura enfin en main et décidera de faire son égoïste en les gardant rien que pour elle -tant pis pour vous, ce sera pour une autre fois, peut-être…).

Chevalier en armure
Notre chevalier risque d’être en retard pour la Saint-Valentin… Pas facile de se déplacer en armure, sans compter les grincements de métal ! L’effet de surprise ne sera donc pas au rendez-vous puisque sa dulcinée l’entendra arriver de loin.

#8- Quand / Quant / Qu’en

Petite précision de départ, quand et quant sont deux conjonctions.

Quand, pour commencer, est une conjonction de subordination qui marque le temps (rassurez-vous, vous n’avez pas besoin de retenir -ou de re-retenir car vous les avez déjà appris- ces termes barbares). On l’utilisera donc devant un terme qui sous-entend une période de temps plus ou moins longue (en terme d’attente ou d’échéance). Exemples : “Quand viendras-tu ?” “Quand le beau temps reviendra, je mettrai une robe”. Lorsqu’il s’agit d’une phrase interrogative, quand est suivi d’un verbe conjugué ou peut-être remplacé par A quel moment (A quel moment viendras-tu ?) et lorsqu’il s’agit d’une phrase affirmative, vous devez pouvoir remplacer quand par lorsque donc “Lorsque le beau temps reviendra, je mettrai une robe”. J’ai ici grandement simplifié la notion autour de cette conjonction mais justement, elle n’en sera que plus facile à assimiler et à comprendre !

Quant, quant à lui (et oui, déjà un exemple) peut être remplacé par en ce qui concerne. On sera donc en mesure de dire “Quant à moi, je suis un-e- pro du français” tout autant que “En ce qui me concerne, je suis un-e- pro du français” (je l’espère pour vous, en tous cas !). Vous remarquerez, dans le même temps, que quant est toujours suivi de la préposition à ou aux (“Quant aux mathématiques, je suis une bille !”), ce qui n’est pas le cas de quand.

Qu’en, de son côté, est la contraction de que et en. Il s’utilise exclusivement devant un verbe conjugué comme dans “On se fiche du qu’en dira t-on !” ou “Quoi qu’en pensent les spécialistes, le français est nettement plus intéressant que les mathématiques” (attention, cet avis n’engage que moi !).

#9- Quoique / quoi que

Je profite de rebondir sur le tout dernier exemple utilisé dans la précédente sous-partie, à savoir “Quoi qu’en pensent les spécialistes, le français est nettement plus intéressant que les mathématiques” pour souligner la différence entre quoique et quoi que, souvent sujets à erreurs.

Tandis que quoi que est un pronom qui peut-être remplacé par quelle que soit le/la/les tout ce que vous voulez à titre de nom commun (l’avis de quelqu’un, par exemple) suivi de qui ou que (“Quel que soit l’avis qui est mis en évidence”, pour garder le même modèle), ce qui signifie qu’on pourra dire “Quelle que soit la pensée des spécialistes qui en ressort” en tournant la phrase différemment (comme je vous l’ai expliqué plus haut), quoique est quant à lui à intervertir avec bien que. Il ne serait pas possible d’écrire “Bien qu’en pensent les spécialistes” car la phrase perdrait tous son sens (en fait, elle n’en aurait plus aucun). En revanche, si vous pouvez dire “Bien que crédible, mon idée n’était pas tout à fait vraie”, alors vous écrirez “Quoique crédible, mon idée n’était pas tout à fait vraie” (alors quoi, on peut changer d’avis, non ? 😒). Plus simplement, lorsque vous vous retrouvez face à une phrase comportant quoi que ou quoique (dans l’hypothèse où à ce stade, vous ne savez pas encore lequel des deux vous devez utiliser), essayez de les remplacer par bien que. Si vous y arrivez et que la phrase reste cohérente, vous utiliserez quoique, si le résultat est ignoble (votre phrase ne veut plus rien dire), vous écrirez alors quoi que.

#10- L’accord des nombres (écrits en lettres -évidemment)

Le seul cas invariable parmi les nombres est mille. Même si vous vous exclamez “Mille millions de mille sabords !”, vous n’écrirez jamais milles, bien qu’il y ait plusieurs millions de milliers de sabords.

Pirate façon Jack Sparrow
Ceci est une imitation de Jack Sparrow clairement manquée… Le vrai est inimitable !

De même, un chiffre (de 0 à 9) suivi d’un nom commun est invariable. Exemple : “Déjà dix règles d’orthographe, c’est beaucoup ! J’espère que c’est bientôt fini” (c’est la dernière, promis, ensuite on passe à la grammaire ! 😂). Certes, on ne met jamais un s à la fin du chiffre dix (sinon, dites-moi sur quelle planète vous vivez, ça m’intéresse grandement 🤫) mais on pourrait tout aussi bien en être à la huitième règle et écrire “Déjà huit règles d’orthographe, pff, c’est long”.

Cent, quant à lui, s’accorde uniquement s’il n’est pas suivi d’un chiffre. Ainsi, on écrira deux-cents et deux-cent-treize mais pas deux-cents-treize puisque cent est suivi du chiffre treize donc pas d’accord.

Vingt, ensuite, ne s’accorde que dans le cas de quatre-vingts comme également centre-quatre-vingts ou mille-quatre-vingts… mais pas lorsque vingt est suivi d’un autre chiffre (centre-quatre-vingt-dix ou mille-quatre-vingt-trois).

Dans tous les cas, on place un tiret entre tous les chiffres ou nombres qui composent le nombre écrit en lettres.

Ces informations sur les nombres et chiffres écrits en lettres sont uniquement données à titre indicatif. En effet, si vous écrivez “J’ai fait trois-mille-six-cent-quarante-trois euros de chiffre d’affaires cette année” dans votre article de blog ou dans votre roman, votre texte en sera de beaucoup alourdi ! Écrivez plutôt “J’ai fait 3643 €/euros de chiffre d’affaires cette année”, c’est plus léger et agréable à déchiffrer et en plus, ce n’est ni interdit, ni une erreur. En revanche, en ce qui me concerne, j’aime bien écrire les chiffres seuls en toutes lettres comme “Je ne vais pas passer par quatre chemins”. A contrario, j’écris plutôt “Il fait le ménage tous les 36 du mois” (jamais ?! 😯). Tout simplement parce que trente-six écrit en lettres est (de mon point de vue) trop long et alourdit du coup le texte. Par contre, un chiffre tout seul écrit en lettres dans une composition s’harmonise avec le texte écrit lui aussi en lettres, uniformisant ainsi l’ensemble de la composition, sans l’alourdir avec des nombres à rallonge écrits en lettres dont on ne voit pas le bout et qu’on peine à lire. A ma connaissance, écrire “Je ne vais pas passer par 4 chemins” n’est pas non plus une erreur (corrigez-moi si je me trompe) tout comme écrire les chiffres et nombres en toutes lettres (le risque est seulement de décourager le lecteur). Tout est affaire de préférence, tout simplement !

Après ces quelques règles d’orthographe qui m’ont semblé importantes à souligner, nous allons maintenant passer à la grammaire et à la conjugaison, toutes les deux s’avérant autant décisives que l’orthographe pour écrire un français im-pe-ccable.

Verre propre et brillant
Une orthographe propre et éclatante à l’image de ce verre parfaitement clean !

La grammaire et la conjugaison

#1- L’accord du participe passé

La plupart d’entre nous savons qu’il faut accorder le participe passé lorsqu’il est précédé du verbe être, comme dans cet exemple : “elle est venue lui rendre visite”. Dans ce cas, le participe passé s’accorde en fait comme un adjectif.

Nous avons aussi l’accord du participe passé avec le verbe avoir, comme ceci : “Elle a trouvé l’adresse” (pas d’accord) ou “L’adresse qu’elle a trouvée est…”. Avec avoir, on accorde son participe passé avec le COD (complément d’objet direct) uniquement s’il est situé avant le verbe. Dans “Elle a trouvé l’adresse”, le COD adresse est situé après le verbe, donc pas d’accord. En revanche, avec “L’adresse qu’elle a trouvée est…”, si vous pouvez dire “Elle a trouvé quoi ? L’adresse”, cela signifie que le nom commun adresse est le COD de la phrase, qu’il est en prime situé avant le verbe, donc que vous pouvez accorder le participe passé avec lui (ici nom féminin singulier donc trouvée). Attention à l’exception suivante : “L’enveloppe qu’elle a fait envoyer”. Le participe passé du verbe faire ne s’accorde jamais (même si le COD –l’enveloppe en l’occurrence- est placé avant le verbe) s’il est suivi d’un verbe à l’infinitif (ici envoyer). De même, si le participe passé est précédé du pronom en en tant que COD, il n’y a pas d’accord : “Des cadeaux, il en a reçu” (là, on va éventuellement pouvoir s’arranger, il y aura peut-être un cadeau à gagner prochainement 😉).

Il y a également un cas un peu plus spécifique tel que l’exemple “Je les lui ai pris(e-s)”. Comment savoir si le participe passé pris s’accorde avec le ou lui ? Tout d’abord, il faut connaître le contexte de la phrase (qui sera normalement de votre propre composition, donc à vous de voir). Admettons qu’ici, on sous-entende la phrase complète “J’ai pris les recettes de Sophie” (notez qu’ici, pour rappel, même si je est une femme, le participe passé ne s’accorde pas puisque le COD les recettes se situe après le verbe). Dans “Je les lui ai pris”, les sont donc les recettes et lui, c’est Sophie. Afin de savoir comment accorder le participe passé, vous inversez la phrase sous forme de question comme je vous l’ai expliqué un peu plus haut. Ainsi, vous direz “Je lui ai pris quoi ? Les recettes”. Les recettes est donc COD et le participe passé s’accorde avec lui. On écrira donc : “Je les lui ai prises“, recettes étant féminin pluriel, le participe passé le sera aussi.

D’autre part, si vous dites “Je vous ai offert une lampe”, le COD lampe est après le verbe, donc pas d’accord avec lui (je pense que vous avez saisi le principe étant donné que je vous la rabâche ici pour la énième fois, n’en faites pas des cauchemars la nuit prochaine non plus 😱) mais le pronom vous, par contre, est situé avant le verbe. Alors, y a t-il accord avec ce pronom ? Non, et je vais vous expliquer pourquoi. Si vous inversez la phrase, vous dites “J’ai offert une lampe à qui ?” A vous. Si vous pouvez répondre à cette question en ajoutant la préposition à devant le pronom en question, vous n’accordez pas le participe passé. Par contre, si vous utilisez la phrase “La personne que j’ai appelée” et qu’en l’inversant, vous êtes dans la possibilité de formuler “J’ai appelé qui ? La personne”, vous voyez que là, la préposition à est absente. Dans ce cas, vous pouvez accorder le participe passé avec le COD. Un autre cas se rapproche également de l’utilisation de la préposition à. Si vous dites “Mes études m’ont permis de développer de nombreuses compétences”, vous ne pouvez inverser cette phrase que par “Les études en question ont permis de développer les compétences de qui, à qui ? A moi, puisque ce sont mes études”. A nouveau, on sous-entend les prépositions à ou de (même conséquence pour l’une comme pour l’autre) donc, comme on l’a vu un peu plus haut, on n’accorde pas le participe passé avec mes études qui n’est pas COD.

Il existe un autre cas d’accord de participe passé un peu plu complexe que voici. Il s’agit des verbes bi-pronominaux (précédés de me, te, se) comme “Elles se sont produites sur scène”. Ici, il y a accord, mais pas dans les cas suivants : les participes passés suivis d’une préposition comme avoir à, donner à, sourire à, succéder à… restent toujours invariables (exemple : “Elles m’ont donné à réfléchir” ou “Les années se sont succédé”, pas d’accord). Une phrase composée du verbe avec participe passé se rendre compte de reste aussi invariable (exemple : “elle s’est rendu compte de son erreur”, pas d’accord). Si le COD est placé après le verbe bi-pronominal, le participe passé reste également invariable comme dans “Nous nous sommes lavé les mains” (les mains étant le COD et se trouvant après le verbe, pas d’accord). En revanche, vous pouvez écrire sans problème “Les mains que nous avons lavées“, à partir du moment où le COD les mains se situe avant le verbe (Elles ont lavé quoi ? Les mains), vous pouvez accorder le participe passé avec lui.

Main pleine de chocolat
Ne fuyez pas, elle va aller se laver la main ! En plus, ce n’est pas ce que vous croyez… C’est du chocolat, je vous jure !

#2- La conjugaison du verbe avec le sujet

Dans le même registre, nous trouvons aussi l’accord des verbes avec le sujet. Tout ce qui suit les pronoms de conjugaison je, tu, il/elle/on/ça, nous, vous, ils/elles… est obligatoirement un verbe conjugué. Cette règle de conjugaison est la base de la rédaction et pourtant, encore, je vois énormément de fautes à ce sujet dans tout type de texte.

Il existe trois groupes verbaux : le premier (verbes se terminant par -er- à l’infinitif comme chanter ou payer sauf cas exceptionnels du type aller qui est un verbe du troisième groupe puisqu’il se conjugue différemment des verbes classiques du premier groupe), le second (verbes se terminant par -ir- et pouvant se terminer par -issant- au participe présent comme finir-finissant), le troisième groupe (verbes irréguliers n’appartenant ni au premier, ni au deuxième groupe, ou verbes se terminant par -ir-, -oir-, -re- tels que ouvrir, savoir, prendre).

Au sein de cette grande leçon qu’est la conjugaison, on trouve ensuite sept modes : l’indicatif, le conditionnel, le subjonctif, l’impératif, l’infinitif, le participe et le gérondif (souvenir de l’école primaire et du collège, quand tu nous tiens ! 🤩) se déclinant encore en plusieurs temps. En cas de doute, car la conjugaison n’est pas comme le vélo, on peut en oublier une partie (et oui !), je vous conseille de vous référer à ce site Internet que j’apprécie tout particulièrement visiter lorsque j’ai un trou de mémoire, L’Obs.

#3- Cas particulier

Un cas que je vois souvent, et qui me pique tout particulièrement les yeux (raison pour laquelle j’ai prévu volontairement une sous-partie pour lui car c’est important), est l’accord du participe passé avec le verbe avoir. Vous pensez peut-être que ce cas a été vu un peu plus haut ? Et bien, pas du tout (ou pas dans ce sens-là). C’est un cas très, très spécial. Je lis (bien trop souvent à mon goût) des phrases telles que “J’ai presser mon citron du matin” ou “Nous avons oublier de passer à la Poste”. Faute ultime ! (mes yeux en pleurent rien que de devoir l’écrire pour l’illustrer). Tout mot qui se prononce é à la fin après le verbe avoir conjugué se termine justement par é, et non par er, c’est-à-dire par le participe passé et non l’infinitif. Si c’est encore trop flou pour vous, je vais vous offrir une astuce : le remplacement du participe passé d’un verbe du premier groupe (celui qui pose problème) par celui d’un verbe du deuxième ou du troisième groupe. Par exemple, et pour le reprendre : si vous pouvez remplacer “J’ai pressé mon citron du matin” par “J’ai pris mon citron du matin”, alors ce sera pressé. Vous ne dites pas “J’ai prendre mon citron du matin” donc vous ne dites pas non plus “J’ai presser mon citron du matin”, un infinitif dans les deux cas. Expliqué ainsi, c’est beaucoup plus simple et logique, non ?

Presse-agrumes pour citrons
Maintenant, vous n’aurez plus d’excuse : si vous pressez un citron pour votre petit-déjeuner le matin, plus tard dans la journée vous écrirez “J’ai pressé mon citron du matin” ! Attention, je vous ai à l’œil…

Conclusion

Le français étant une langue très riche en variantes et cas particuliers, vous comprendrez aisément, tant ils sont nombreux, qu’il ne m’a pas été possible de les détailler tous (sinon cet article mesurerait 15 km de long ou bien aurait demandé plusieurs parties divisées en autant de billets supplémentaires, ce qui n’est pas non plus vraiment le principe de mon blog).

Restez malgré tout fier/fière de votre langue maternelle (à moins que vous ne l’ayez apprise par vous-même ou en cours, dans ce cas félicitations !) car il paraît que le français serait l’une des langues les plus difficiles du monde !

J’ai donc énuméré ici les principales fautes qu’il m’arrive de voir couramment, celles qui concernent les règles de grammaire et d’orthographe des plus simples aux plus complexes. Je les ai mises en lumière et vous ai donné des astuces pour ne plus les commettre à l’avenir (dans l’hypothèse où vous avez réussi à arriver jusqu’ici sans sauter une ou plusieurs parties, ce que je peux comprendre sachant qu’il ne s’agit pas d’un sujet très fun).

J’essaierai prochainement de réaliser un tableau pour résumer le sujet auquel vous pourrez vous reporter en cas de doute au moment de rédiger vos romans ou billets. Généralement, lorsqu’on aime écrire pour les autres, quel que soit le support utilisé, on préfère, dans la mesure du possible, éviter de commettre des fautes d’orthographe impardonnables et/ou facilement évitables, non seulement pour le confort visuel du lecteur, mais aussi pour son confort personnel (à soi, rédacteur) car les avis en aval ne seront pas forcément très bons (sans compter les commentaires assassins 🔪 en bas de page) si on est agressé d’une ou plusieurs fautes d’orthographe à chaque ligne.

Si, à la lecture de ce billet, il vous vient des idées de fautes régulièrement vues ou importantes, je vous invite à les laisser en commentaires ou à m’envoyer un message via le formulaire afin que je puisse les rajouter ultérieurement à cet article s’il s’agit d’exemples pertinents. De mon côté, je n’hésiterai pas non plus à modifier cet article si d’autres règles importantes d’orthographe et/ou de grammaire me viennent plus tard.

Sur ce, bonne rédaction, sans fausse note !

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