faut-il se ruiner pour participer aux salons du livre ? - librairie avec stands
Conseils

Faut-il se ruiner pour participer aux salons du livre ?

Vous êtes tout jeune auteur édité ou auto-édité, ou plus anciennement établi, et vous avez envie de vous lancer dans l’aventure extraordinaire des salons du livre et des séances de dédicace. Toutefois, ce plaisir a un prix. Alors faut-il se ruiner pour participer aux salons du livre et séances de dédicace ? Je vous dis tout ici !

L’achat des romans

L’idéal à prévoir pour un salon du livre ou une séance de dédicace est un minimum de 20 exemplaires par titre pour une seule journée. Peut-être n’en vendrez-vous qu’un ou deux mais si ce doit être plus, vous serez content-e d’en avoir un peu plus sous la main, et de faire plaisir à vos lecteurs par la même occasion. Si vous n’en avez plus en stock avant l’événement, il vous faudra les commander à l’avance auprès de votre imprimeur ou de votre éditeur pour les recevoir à temps. Et si vous en avez déjà suffisamment de côté, c’est tout de même une dépense à prévoir en amont, donc à ajouter à votre budget.

Il est bien entendu nécessaire de disposer de fonds personnels (pour les auteurs édités uniquement) ou professionnels (pour les auteurs auto-édités, impératif en France) afin de financer l’achat de vos romans car selon leur prix final duquel aura été déduit les droits d’auteur pour les édités, ou le prix de l’impression pour les indépendants, la dépense peut être conséquente.

La location du stand

Sauf rares cas, la réservation d’un stand (généralement fourni par le lieu où se déroule l’événement) est payante. Les prix s’étendent de quelques euros à quelques dizaines, voire centaines d’euros (notamment à Paris) selon la taille de la commune, l’importance et la renommée de l’événement, et le nombre de jours de réservation. Par exemple, la location d’un stand au salon Les intergalactiques à Lyon sera plus chère que celle d’un salon du livre lambda à Trifouilly-les-Oies.

Sur certains événements, on nous laisse parfois aussi la possibilité de choisir la longueur du stand (prix variable en fonction de la dimension choisie et du lieu). Votre choix à ce sujet s’établira en fonction du nombre de titres et d’exemplaires pour chacun, sans compter votre matériel marketing (voir plus loin) que vous emporterez sur place et qu’il faudra placer sur le stand. Parfois, il faut aussi louer les chaises (d’après mes recherches, c’est le cas au Salon Fantastique à Paris, par exemple), ou bien vous pouvez acheter une ou plusieurs chaises pliantes (si vous êtes accompagné-e), à réutiliser à chaque salon. Pour les séances de dédicace, les sièges sont généralement fournis par le lieu qui vous accueille.

Cette dépense sera à prévoir chaque année, même si vous retournez plusieurs fois au même endroit, sauf si vous êtes convié-e en tant qu’invité-e d’honneur par les organisateurs. Ce cas peut aussi se rencontrer sur les séances de dédicace lorsqu’un libraire ou une grande surface vous invite, sachant que généralement, un stand dans ce type d’endroits est gratuit mais qu’en contrepartie, leurs gérants retiennent un pourcentage sur vos ventes (grand maximum 40 % pour eux, idéalement 25 ou 30 %, au-delà c’est du vol donc passez votre chemin).

N’oubliez jamais qu’il faut s’inscrire suffisamment tôt pour obtenir une place. Le mieux est de s’y mettre dès l’ouverture des inscriptions sur les gros salons, minimum trois mois à l’avance sur les plus petits événements. Pour les librairies et les grandes surfaces, il est inutile de réserver quoi que ce soit. Vous contactez simplement le lieu choisi et vous calez ensemble une date pour une future séance de dédicace.

Le plan marketing du stand

Si vous voulez attirer l’œil des visiteurs sur vos stands (salons du livre ou séances de dédicace tout confondus), vos couvertures de roman seules, aussi jolies et travaillées soient-elles, ne seront pas suffisantes car elles se perdront dans la multitude de stands et dans la foule. De même, il est important que vos potentiels lecteurs voient d’emblée et clairement ce que vous proposez afin de juger si vos romans seront susceptibles de les intéresser ou non.

faut-il se ruiner pour participer aux salons du livre ? - affiche A4 et carte de visite
L’affiche A4 sous cadre plastique et les cartes de visites que j’utilise pour les salons du livre et à d’autres occasions : le choix de la police, des images… donnent tout de suite aux potentiels lecteurs une idée de ce qui les attend sur votre stand

Dans l’idéal, il faudra également miser sur :

  • Une affiche A4 ou A3, sous cadre porte-affiche par exemple, à poser sur votre stand (je l’ai fait pour θYPA : Le mystère du vaisseau fantôme, voir ci-dessus), histoire de présenter vos romans séparément ou en une seule fois sur un même document pour attirer l’attention ET/OU une banderole ou une méga affiche (A2, A1, A0…) à placer derrière vous si on met à votre disposition, gratuitement ou non, un grand support adapté, ou que vous investissez vous-même pour en acquérir un (vous pouvez par exemple y présenter votre unique roman ou vos genres de prédilection, avec ou sans photo de vous) ;

  • Vos cartes de visite, de préférence dans un porte-carte de visite pour éviter qu’elles ne s’éparpillent partout ;

  • Une pancarte, un porte-vues ou une simple pochette plastique pour présenter les avis romans de vos lecteurs et des chroniqueurs et journalistes littéraires (vos potentiels nouveaux lecteurs peuvent ainsi s’appuyer sur des appréciations passées pour savoir si votre roman vaut le coup ou non) ;

  • Éventuellement des flyers à emporter pour présenter vos romans ;

  • Une ou plusieurs valises à roulettes (selon la quantité de livres et le matériel nécessaire que vous emportez) pour épargner votre dos de plusieurs kilos ou dizaines de kilos de livres et de publicité marketing mais aussi pour une meilleure organisation, ou, encore mieux, un diable pour plus de classe (une douzaine d’euros chez Leroy Merlin) ;

  • Une caisse pour stocker votre monnaie (ou un porte-monnaie et billets format sac, ou une banane qui revient à la mode…)…

Cette liste est non exhaustive mais contient, selon moi, le principal.

Ces propositions sont facultatives (celles concernant le visuel et la publicité, les autres étant exploitées par souci pratique) mais pourraient vous aider à faire venir les potentiels lecteurs sur votre stand en les attirant visuellement. À vous de faire le reste en engageant le dialogue avec eux !

Notez bien que la plupart de ces articles ne seront à acheter qu’une seule fois, excepté les affiches et banderoles si vous voulez modifier plus tard leur design ou ajouter ou retirer des éléments, ainsi que les flyers et cartes de visite dont il faudra renouveler le stock.

Tous les documents publicitaires peuvent être commandés à moindre coût sur Internet (avec remise dégressive la plupart du temps) et conçus de A à Z à votre convenance (à partir d’un modèle personnalisable ou de votre propre graphisme à télécharger). Je cite par exemple Vistaprint que j’apprécie beaucoup mais si vous avez d’autres références (Internet ou imprimeries physiques) plus intéressantes ou abordables en terme de prix, vos propositions sont les bienvenues dans les commentaires.

prévenir ses followers sur les réseaux sociaux
Pensez toujours à prévenir vos followers sur les réseaux sociaux mais aussi ceux qui vous suivent sur votre blog/site web pour attirer du monde à l’évènement littéraire auquel vous participez

Enfin, avant de vous lancer à l’assaut d’un salon du livre ou d’une séance de dédicace, il est pertinent d’annoncer l’événement sur les réseaux sociaux afin d’inviter vos lecteurs et vos followers à vous rejoindre là-bas. C’est gratuit, sauf si vous passez par les campagnes publicitaires qui, elles, sont payantes mais l’annonce est plus largement répandue et vue. La création d’une affiche A4 ou A3 à placarder sur la vitrine de la libraire ou en grande surface avant une séance de dédicace est aussi très efficace. La séance en perspective peut également être annoncée dans un journal local ou plus national.

Le déplacement et l’hébergement

Afin d’éviter ou de limiter ces dépenses, vous pouvez commencer par votre ville et ses alentours. Plus tard, vous verrez plus grand et plus loin selon vos ressources financières (jusqu’aux pays francophones européens et/ou outre-mer, pourquoi pas !).

En fonction de votre destination et de vos goûts, le déplacement peut se prévoir par :

  • Avion (pour quitter la France ou si vous préférez ce moyen de locomotion, j’ai souvent vu ce cas dans mon ancien métier salarié de réceptionniste en hôtellerie) ;
  • Train ;
  • Voiture (personnelle, professionnelle ou de location) : il faudra y ajouter les dépenses relatives au plein d’essence et au péage (accessoirement l’assurance auto également mais elle est déjà amortie sur vos autres déplacements) ;
  • À pied (100 % gratuit), si le salon ou la séance de dédicace se déroule tout près de chez vous et que vous n’avez pas beaucoup de romans et de matériel à transporter.

A noter : le train (sans compter les éventuelles correspondances) et l’avion ne sont pas forcément des plus pratiques pour transporter/déplacer vos romans et votre matériel. De plus, vous emmenez avec vous plusieurs centaines ou milliers d’euros d’ouvrages. En cas de perte ou de vol, c’est la cata. Enfin, il faudra également prévoir le trajet par bus/taxi/métro… entre votre domicile et la gare ou l’aéroport, puis entre celles-ci et le lieu du salon du livre ou de la séance de dédicace (à compter pour le retour également), ce qui constitue une dépense supplémentaire. Si vous êtes auteur-e édité-e et que vous vous déplacez avec votre maison d’édition, vous pouvez vous arranger avec elle pour qu’elle se charge de l’acheminement de vos romans jusqu’au lieu du salon du livre.

Poudlard Express
J’avoue, je me suis permis une petite folie avec cette photo. Je conseille la voiture mais si je devais choisir entre un véhicule à 4 roues et le Poudlard Express, je choisis ce train sans la moindre hésitation !

Mon conseil (avis personnel) se porte sur le choix de la voiture. Vous êtes tranquille, sans inconnus autour de vous (pas de ronflements, de pleurs de bébé ou de cris d’enfants survoltés pour caricaturer un peu), vous n’avez pas d’inquiétude (ou beaucoup moins) quant au risque perdre vos biens professionnels ou d’être victime d’un vol et souvent, le trajet est plus économique et court que par le train (à vérifier au cas par cas). Si vous n’avez pas de voiture, vous pouvez en louer une (selon les agences, si vous réservez à l’avance, vous bénéficiez d’une réduction et le forfait est kilométrique ; si vous le dépassez, vous paierez quelques dizaines de centimes d’euros par km excédentaire). Si vous n’avez pas le permis, vous pouvez vous y rendre avec un membre de votre famille, un ami ou un auteur que vous connaissez, ou bien opter pour le covoiturage type BlaBlaCar (très économique, et vous ne vous ennuyez pas sur la route si vos co-passagers sont ouverts à la discussion).

Concernant l’hébergement si vous restez plusieurs jours sur place : si vous avez la chance de participer à un événement littéraire au sein d’une commune dans ou près de laquelle l’un de vos proches habite et qu’il peut vous accueillir, n’hésitez pas à vous faire héberger. Ce sera toujours une dépense en moins. Sinon, vous avez plusieurs choix : une chambre d’hôtel (les prix diffèrent selon le nombre d’étoiles et l’emplacement, prévoir aussi le prix du petit-déjeuner et des repas en plus si non compris dans le tarif), les chambres et tables d’hôtes (de façon globale, cette option est moins onéreuse que celle des hôtels et le petit-déjeuner est souvent compris dans le prix), Appart’hôtels et assimilés, Airbnb… À vous de voir selon vos préférences et les tarifs proposés.

En tant qu’auto-éditeur, les dépenses concernant le moyen de locomotion et l’hébergement peuvent être réalisées d’un point de vue personnel ; en revanche, comme je l’expliquais dans la partie L’achat des romans, pour ce qui est de vos livres avant leur revente sur site littéraire, ils doivent être impérativement acquis via votre compte bancaire professionnel car vous devez être en mesure de justifier que vos bénéfices issus de la vente de vos livres sont liés à leur achat préalable. Justifier ce genre d’achat avec votre compte personnel n’est pas recevable. Par contre, les auteurs édités, n’ayant pas pour obligation d’ouvrir un compte bancaire professionnel, utiliseront leurs ressources personnelles dans chaque cas.

Combien d’événements littéraires par an ?

Deux à trois salons du livre minimum chaque année (si vous pouvez vous le permettre financièrement parlant) me semblent être un bon point de départ. Leur fréquence augmentera en fonction de votre emploi du temps, du budget que vous pouvez leur allouer, et de vos envies. À cela peuvent venir se greffer quelques séances de dédicace, essentielles pour vous faire connaître ou pour aller à la rencontre de vos nombreux lecteurs. Là aussi, leur fréquence dépendra des paramètres précédents.

faut-il se ruiner pour participer aux salons du livre ? - calendrier 2019
Organisez votre planning d’auteur-e avec un minimum de 2 salons du livre et/ou séances de dédicace par an si vous en avez le budget et le temps

Conclusion

Afin de vous assurer de rentrer dans votre budget “événements littéraires”, n’hésitez pas à calculer à l’avance la dépense totale que chaque déplacement et intervention vous coûtera, mais aussi à comparer plusieurs alternatives pour choisir la plus économique. Ce montant ne devrait pas beaucoup changer d’une année à l’autre, à moins d’une flambée des prix du carburant ou des billets de train. En moyenne, comptez au minimum plusieurs centaines d’euros et jusqu’à plus de 1000 € selon le lieu de la rencontre littéraire, le nombre de livres achetés, le temps que vous restez sur place…

Je vous propose ici mon tableur type que vous pouvez remplir avec quelques renseignements indispensables qui sont susceptibles de changer au cours du temps. Pour le reste, il se met à jour automatiquement grâce aux calculs programmés. En quelques gestes, vous saurez ainsi rapidement combien vous devrez dépenser pour un salon du livre ou une séance de dédicace, et comparer ce montant avec les autres. Je vous ai mis trois exemples variant du simple au triple (petit, moyen et grand salons du livre). Dans ces cas précis, les prix totaux varient de quelques centaines à un bon millier d’euros.

Et vous, combien dépensez-vous en moyenne pour vos événements littéraires ?

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