La petite histoire de l’auto-édition en quelques chapitres

La difficulté principale rencontrée lorsque l’on désire s’engager dans une nouvelle activité n’est pas tant celle de réaliser les formalités nécessaires de A à Z que celle de s’aventurer vers l’inconnu. Humainement parlant, c’est presque toujours un défi pour chacun d’entre nous mais si l’on s’investit vraiment dans son projet et qu’on y croit sincèrement, la réussite peut nous attendre au bout de la route. C’est comme écrire un roman. Soyez passionné-e- et lorsque vous arriverez au terme de la création de votre projet, vous serez surpris-e- du chemin parcouru et des connaissances et expériences acquises lors de ce parcours instructif, autant personnellement que professionnellement, en jetant un coup d’œil par-dessus votre épaule.

Dans le cadre de l’auto-édition, il en va de même. La nouveauté est au rendez-vous mais souvenez-vous toujours que rien n’est insurmontable. Je vais vous guider pas à pas dans le lancement de votre activité d’auto-éditeur ou auto-éditrice. Vous vous rendrez rapidement compte que ce n’est pas aussi compliqué qu’il n’y paraît au premier abord.

L’auto-édition, c’est que du bonus !

Vous hésitez encore à sauter le pas en vous demandant si vous serez vraiment gagnant-e- en vous engageant dans un tel projet ?

Je vais répondre à votre question pour vous certifier que OUI, c’est la meilleure option pour être gagnant sur de nombreux plans. 

Le premier avantage à souligner, et selon moi le plus important, est la prise d’indépendance. Si vous avez connu les maisons d’édition, vous pouvez désormais leur dire adieu. Et si vous ne les avez pas connues, vous êtes certainement un petit chanceux ou une petite chanceuse. Il m’a fallu deux romans pour comprendre que passer par une maison d’édition n’est pas la solution la plus intéressante et avantageuse, sauf si vous souhaitez déléguer toutes vos responsabilités et tâches (en-dehors de la rédaction du roman) à une société tierce et que vous avez beaucoup d’argent à dépenser.

Entre votre maison d’édition et vous, tout est fini ! Vous pouvez claquer la porte sans vous retourner pour partir vers de nouvelles aventures et rencontres plus enrichissantes.

Ce qui nous permet d’en venir au second avantage, les revenus générés. En auto-édition, prévoyez de gagner trois à quatre fois plus (fabrication du livre déjà déduite) par rapport aux droits d’auteur concédés par les maisons d’édition. C’est du tout bénéf’ ! Avec la maison d’édition à laquelle j’ai fait appel pour mes deux premiers romans, mes droits d’auteur était de 10 % pour les livres papier et 20 % pour le format numérique. Autant dire que les gains sont quasi-ridicules, surtout lorsque vous avez du mal à percer. Dans la plupart des maisons d’édition, ce taux de droits d’auteur est généralement proposé, quand il n’est pas moindre. Si l’on souhaite recevoir des droits d’auteur plus importants, il faut être connu ou avoir déjà vendu de nombreux ouvrages, c’est-à-dire peser lourd dans la balance du monde des écrivains.

En auto-édition, vous êtes aussi gagnant en ce qui concerne les dépenses. Si vous réalisez votre propre publicité et que vous la gérez bien, en faisant par exemple appel à des amateurs confirmés ou à des professionnels (illustrateurs, correcteurs, traducteurs…) qui sont prêts à sacrifier un revenu immédiat pour vous venir en aide (dans le cas où vous n’avez pas les moyens de les rémunérer tout de suite avant que votre livre n’ait été vendu en nombre d’exemplaires suffisants pour pouvoir vous acquitter du paiement de la prestation), ou bien en la créant vous-même si vous avez les compétences et le matériel nécessaire, elle ne vous coûtera pas grand-chose. Pour ce qui est de l’impression de vos documents publicitaires (flyers, posters, cartes de visite, marque-pages…), vous pouvez trouver sur Internet des sociétés qui proposent des tarifs très attractifs pour une excellente qualité d’impression. En maison d’édition, ces prestations sont payantes et la plupart du temps assez onéreuses. Enfin, en auto-édition, dans le cadre de la micro-entreprise, vous êtes exonéré-e- de la TVA, ce qui signifie que le montant total de votre livre vous est entièrement acquis. Vous n’avez donc aucune taxe à reverser à l’État sur ce prix. Sympa, non ?

Montrez-vous aussi intelligent que cette souris et fuyez ce gros hamburger parfait et tout fait (la maison d’édition et ses services) pour aller chercher ce petit morceau de fromage (petit mais attrayant) tout aussi joli et prometteur (votre activité d’auto-édition) !

Il y a généralement toujours des inconvénients là où l’on trouve des avantages. Dans le cas de l’auto-édition, les désavantages sont rares et facilement surmontables, raison pour laquelle je ne les ai pas annoncés dans le titre (mais aussi pour ne pas vous faire fuir avant que vous ayez atteint le milieu de l’article !). Il suffit seulement d’un peu d’organisation et de bon sens dans ce domaine, qualités qui s’acquièrent avec le temps. Tout d’abord, si vous souhaitez créer une société pour ordonner et gérer au mieux votre activité d’auto-édition, prenons le cas d’une micro-entreprise dont je vais vous parler un peu plus loin, vous devez vous acquitter d’un certain nombre de formalités administratives (quel terme barbant !, tout autant que l’idée, je vous le confirme mais heureusement, tout s’apprend), comme ouvrir un compte professionnel, tenir un cahier des comptes et, bien entendu, déclarer vos revenus. Rassurez-vous, comme pour tout, on finit par prendre le pli et toutes ces horribles démarches deviennent une habitude, voire même un automatisme ou un plaisir car on sait ce qui nous attend à l’arrivée. Un autre inconvénient, uniquement contraignant au début lorsque l’on tâtonne encore, est l’indépendance (qui a aussi son revers). Vous devenez indépendant pour tout, y compris pour la relecture de votre ouvrage et sa correction (sinon, vous pouvez utiliser un logiciel de correction orthographique pointu -généralement payant- ou faire appel à un professionnel), la mise en page de l’intérieur de votre roman et de sa couverture (il y a des standards à respecter, mais Internet, riche collection de données, est votre allié), la recherche d’un illustrateur ou d’une image payante ou gratuite et libre de droits, ainsi que les démarchages auprès des imprimeurs avant d’apposer votre choix définitif, sauf si vous êtes équipé-e- pour imprimer vous-même votre livre.

C’est comme un jeu où vous devez résoudre une énigme : chaque réponse ou action vous rapproche toujours un peu plus du dénouement final. Ce peut être parfois un peu compliqué, peu importe, vous n’abandonnez pas. Conduisez ces démarches avec optimisme (elles ne doivent pas être un fardeau mais plutôt un moyen enrichissant d’atteindre votre objectif) en pensant à votre avenir professionnel dans l’auto-édition. Et peut-être qu’un jour, si ce n’est pas déjà le cas, vous pourrez vivre pleinement de votre passion sans avoir à dépendre d’une activité salariée pour vous assurer un revenu confortable. Ce jour-là, vos romans auto-édités ne seront plus destinés uniquement à arrondir vos fins de mois. Vous pourrez en vivre, comme vous vivrez votre passion pour l’écriture à plein temps. Un rêve -loin d’être inaccessible- pour les vrais mordus.

Les “secrets” révélés pour devenir auto-éditeur / auto-éditrice

Les étapes citées ci-dessous ne sont pas indiquées dans un ordre chronologique. Vous pouvez tout à fait les inverser si cela vous arrange compte tenu de votre planning ou de vos disponibilités et possibilités. L’important est qu’au bout du compte, vous arriviez à votre objectif.

Tout d’abord, vous l’avez deviné, il faut écrire un roman ou en avoir déjà un sous le coude prêt à être publié. En bref, vous devez avoir matière à travailler pour justifier de votre début d’activité, bien que rien ne vous empêche de créer votre entreprise (si vous le souhaitez) alors que la rédaction de votre prochain roman est en cours.

Une fois que votre livre est fini (lorsque vous vous sentez fier et accompli des heures passionnées passées à taper frénétiquement sur les touches du clavier de votre ordinateur à mesure que l’inspiration venait), et éventuellement mis en page avec les BAT (bons à tirer) du corps de texte et de la couverture achevés, il vous faut demander un n° ISBN auprès de l’AFNIL. Vous pouvez notamment télécharger le formulaire de demande au format PDF sur le site Internet de l’AFNIL. C’est gratuit et généralement, l’AFNIL vous communique plusieurs n° ISBN que vous pourrez utiliser pour vos futurs romans. Notez que la version numérique de votre roman (si vous développez aussi une version papier) doit avoir son propre n° ISBN.

Avant de soumettre votre ouvrage à un imprimeur, assurez-vous que toutes les mentions légales obligatoires apparaissent sur ou à l’intérieur de votre roman. Leur liste est disponible sur le site Internet de la Bibliothèque nationale de France (BNF). L’imprimeur n’est pas tenu de les ajouter à votre place (sauf s’il propose la prestation, qui peut être payante, et que vous la demandez) et n’est pas responsable de l’absence de certaines mentions obligatoires. Prêtez-y donc grande attention, c’est important.

Une fois que vous vous êtes assuré-e- que les points précédents sont respectés, vous pouvez commencer à démarcher les imprimeurs. Je vous conseille d’en sélectionner plusieurs et de leur demander un devis ou de réaliser une estimation sur leur site Internet. Certains proposent cette option gratuite. Vous devez simplement indiquer le nombre de pages de votre livre, la qualité de la couverture et des pages à l’intérieur (épaisseur, pelliculage de la couverture, type de papier…) et le tour est joué. L’estimation moyenne du coût de fabrication d’un exemplaire de votre livre apparaît sous vos yeux. Assurez-vous aussi que l’imprimeur que vous choisissez vous propose une remise exponentielle par tranches d’achat. Par exemple, 5 % de remise de 5 à 15 exemplaires achetés, 10 % de 16 à 30… C’est beaucoup plus avantageux pour nous, auto-éditeurs, car cette remise signifie que si on réussit à vendre tous les livres achetés, avec un supplément moyen de 4 à 5 € pour prévoir notre marge de bénéfices, on est encore plus gagnant au niveau du chiffre d’affaires puisque ce qu’on n’a pas dépensé dans le coût de fabrication (l’équivalent de la réduction de tarifs) correspond aussi à un bénéfice. Un plan parfait !

Viennent ensuite les renseignements à prendre au sujet de la création de votre micro-entreprise (ou de votre société, peu importe son régime, si vous décidez d’ouvrir une maison d’édition mais dans le cadre de l’auto-édition, une micro-entreprise est plus que suffisante). Cette démarche n’est pas obligatoire mais honnêtement, je vous la recommande vivement, d’autant plus si vos ventes décollent rapidement. La micro-entreprise vous permet de réglementer votre activité (encore un terme rébarbatif ! mais qui a son utilité dans l’idée) et de lui assurer un suivi efficace. Comme je vous l’expliquais plus haut, vous avez quelques obligations mais elles sont loin d’être contraignantes. Depuis quelques années (lorsque auto-entreprise et micro-entreprise ont fusionné pour ne former qu’un seul et même régime, me semble t-il), il est impératif d’ouvrir un compte bancaire professionnel pour séparer ses revenus professionnels de ses mouvements financiers personnels. Là encore, comparez les offres de plusieurs établissements bancaires car les frais de dossier et de gestion peuvent varier du simple au double selon les banques. N’hésitez pas non plus à prendre un rendez-vous et à leur demander quelle serait selon eux l’offre la plus avantageuse pour vous en fonction de votre budget et de votre situation. A ce compte professionnel s’ajoute le suivi écrit de vos mouvements financiers (recettes, dépenses et solde mois par mois) que vous devez consigner dans un cahier ou reporter dans un tableur sur informatique. La troisième obligation est de déclarer vos revenus au centre des impôts dont vous dépendez. Vous voyez, rien d’insurmontable ! J’aborderai plus précisément le sujet de la micro-entreprise dans un prochain article. En attendant, vous pouvez vous renseigner sur les sites Internet de la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) ou de L’Auto-Entrepreneur, ou bien prendre rendez-vous avec la CCI près de chez vous. Elle propose un accompagnement personnalisé dans la création d’entreprise. Vous voyez, toutes vos démarches sont facilitées !

Développer son activité d’auto-édition n’est pas aussi difficile que de gravir une montagne. C’est même d’une simplicité enfantine !

Enfin, vous y êtes ! Vous avez toutes les réponses aux questions que vous vous posiez, tout est clair, et vous êtes fin prêt-e- à créer votre micro-entreprise. Pour ce faire, c’est par ici, en ligne : la CCI ou L’Auto-Entrepreneur. Vous pouvez aussi retirer un formulaire papier auprès du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) près de chez vous. L’avantage non négligeable est que cette déclaration est votre seule démarche. L’organisme auprès duquel vous avez créé votre micro-entreprise s’occupe du reste (déclaration à l’Urssaf, au centre d’imposition, envoi de votre n° SIRET…). C’est simple comme bonjour !

Maintenant, vous pouvez envoyer les BAT de votre roman à l’imprimeur que vous avez choisi, soit par mail (formulaire d’envoi sur son site Internet, forme la plus couramment utilisée), soit par courrier. Vous n’avez plus alors qu’à laisser l’imprimeur produire votre livre, comme un orfèvre entre les mains duquel prendrait forme l’œuvre de sa vie. Et c’est d’autant plus réjouissant lorsqu’il est son propre patron. Dans le cas où vous optez uniquement pour le format numérique, vous pouvez également le mettre en vente sur Internet dès le moment où vous êtes devenu jeune micro-entrepreneur.

N’attendez pas et commandez immédiatement un premier exemplaire de votre livre. N’avez-vous pas hâte de tenir votre ouvrage entre vos mains, de le soupeser, de faire défiler ses pages devant vos yeux en respirant son odeur de neuf et de nouveauté ? Je suis désolée de devoir interrompre les images agréables et engageantes qui défilent dans votre esprit mais l’heure n’est malheureusement pas encore à la liesse. En effet, vous devez envoyer cet exemplaire à la BNF pour le dépôt légal obligatoire. Pour cela, rien de bien compliqué, il suffit de déclarer votre roman sur l’extranet de la BNF ou bien télécharger son formulaire de dépôt. Rassurez-vous, tout n’est pas tout noir. Vous pouvez commander deux exemplaires au lieu d’un, voire même plus si vous avez prévu de commencer vos ventes ou d’en offrir à votre entourage. Pour bénéficier de la dispense d’affranchissement lors de la demande du dépôt légal, inscrivez “Franchise postale – Dépôt légal – Code du patrimoine art. L132-1” sur l’enveloppe avant d’y glisser un exemplaire de votre roman pour une première impression de livres inférieure à 300 exemplaires, ou 2 pour une impression supérieure à 300 exemplaires, ainsi que le formulaire. L’auto-édition, c’est aussi des petites faveurs de ce genre !

Il ne vous reste plus qu’à attendre la réception du n° de dépôt légal de votre roman, soit par mail, soit par courrier. Vous pouvez bien entendu commencer à vendre votre ouvrage avant de recevoir ce numéro.

Regardez maintenant derrière vous. Tout est fini. Vous vous êtes accompli-e- en tant qu’écrivain ET auto-éditeur/auto-éditrice. Félicitations ! Vous avez fait le plus difficile. Il ne vous reste plus qu’à continuer à écrire des romans pour poursuivre votre activité. C’est la tâche la plus titanesque dans l’activité d’auto-édition mais pour des passionnés comme nous, c’est un jeu d’enfants captivant et palpitant dont on ne se lasse pas !

Conclusion

Vous l’aurez compris, l’auto-édition n’est pas un parcours de solitude compliqué. Vous trouverez toujours des professionnels ou des auto-éditeurs aguerris pour répondre à vos éventuelles questions ou pour trouver un soutien dans vos démarches.

C’est sans compter le contact relationnel avec vos potentiels clients, qu’il faut séduire, puis vos lecteurs passionnés par votre style et les intrigues que vous développez dans vos romans. Vous feriez mieux de préparer déjà une tonne de stylos pour signer des autographes.

Vous ne vous ennuyez jamais, encore moins qu’en passant par une maison d’édition, car vous gérez votre activité de A à Z comme un chef. C’est encore plus enrichissant sur un aspect personnel car vous avez vraiment l’impression de vous investir à 100 % dans votre passion. Cela vous regonfle littéralement à bloc. Vous êtes fier-e- de vous, de ce que vous avez entrepris et entreprenez encore. L’auto-édition est un jeu dynamisant et ressourçant. Vous êtes libre de votre imagination, de la contrainte d’une maison d’édition et de beaucoup d’autres choses. Pour les créatifs comme nous, qui aimons généralement la liberté, c’est l’idéal.

Enfin, je vous propose le tableau au format PDF “Les étapes de l’auto-édition en 10 points” qui résume cet article et que vous pouvez enregistrer pour une consultation ultérieure.

Vous pouvez partager votre expérience d’auto-éditeur et vos conseils, ou bien poser des questions, dans les commentaires. D’autres auto-éditeurs ou moi-même se feront un plaisir d’y répondre. Entre auto-éditeurs, il faut se serrer les coudes !

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